Chapitre 1 : Un loser à New York.
"La tortue verte Chelonia mydas. Une des espèces qui font partie des plus grandes tortues marines, pouvant atteindre plus d'un mètre (3 ft) et jusqu'à 200 kg (400 lb). On les trouve dans les eaux côtières chaudes, émergeant sur les plages de sables pour profiter du soleil et y faire leur nid. Leur appellation provient de leur couleur verte et de leur graisse liée à leur regime d'algues marines. Les tortues vertes captives survivent au mieux dans des habitats contenant de pe..."
Cours de Science de la vie et de la Terre..
Quel interêt pouvons nous avoir à cette matière si ennuyeuse et qui nous parle un trimestre sur trois de tortue verte ? Qu'est ce que la tortue verte pouvait nous apporter, à part des connaissances sur sa vie quotidienne et son statut de tortue verte, pour nos projets d'orientations ? Tout le monde est passé un jour ou l'autre dans un cours d'S.V.T en se demandant si la souris que l'on dissèquait finirait dans la poubelle ou si l'on continuerait à faire d'autres expériences avec son corps complètement décapité, oeuvre accomplie par des petits jeunes hommes en pleines puberté. En tout cas, lui ça ne l'intéressait pas.. mais alors pas le moindre du monde. Il avait fait l'effort d'écouter les quatres première phrases et demi du documentaire, et maintenant il battait son record personelle de deux phrases. Lucas s'appuya un peu plus qu'il ne l'était déjà sur le dossier de sa chaise et regarda par la fenêtre. L'automne arrivait en cette fin d'octobre et le paysage qui s'offrait à ses yeux lui procurait ce bien être qu'il attendait toutes les années. Central Park était absolument magnifique dans ses tons orangés. Il regarda l'heure sur la pendule de la salle de classe et remit en place ses mèches rebelles qui lui tombaient devant les yeux. Il était 15h12.. dans exactement dix huit minutes il serait libre, libéré de ce documentaire pourri sur la tortue verte. Un bout de papier qui tomba sous son nez le fit sortir de ses pensées. Il balaya la classe d'un regard sceptique, se demandant qui pouvait bien lui écrire, et ouvrit le papier :
"C'est quand que t'organise une tournante ? T'es trop bandant.."
Il froissa sèchement le papier entre ses doigts en lisant ces mots. Il tourna le regard vers le petit groupe de mecs qu'il visait coupables. L'un d'entre eux, Josh O'Conell, le fixait avec un sourire mesquin et un air prétentieux tandis que les autres ricanaient doucement. Ils se réjouissaient de leur "bonne blague". Ouais c'est clair.. quelle bonne blague !
"De plus, Quand elle a atteint sa maturité sexuelle, la femelle vient pondre tous les 3 à 6 ans sur la plage où elle est née (ou du secteur). Elle s'accouple près des plages et les femelles vont y pondre jusqu'à six fois, ce qui lui prendra environ un mois et demi. Elle commence par s'assurer de la sécurité de la plage depuis le bord de l'eau. Elle ne montera pas être bordée de végétation, ni trop large, ni trop étroite.Une fois arrivée assez haut sur la plage, elle va creuser sa cavité corporelle, un trou d'une fois à une fois et demie son épaisseur. Cela prend environ 20 minutes. Puis elle creuse son.."
La sonnerie rententit - enfin. Il ne fut pas le seul à faire grincer attivement sa chaise sur le sol quand il se leva. Il mit son sac sur son épaule et sortit de la salle de classe. Il avança dans les couloirs et se dirigea jusqu'à l'allée des casiers lorsqu'il croisa un groupe de mecs à l'allure très BCBG. Il devait l'avouer : il les enviait grave. Pas pour leurs chaussures Prada ou leurs chemises Givenchy, ou encore leurs manteaux Dolce & Gabanna ou il ne savait trop quelle marque de grand couturier, non. Il les enviait pour leur joie de vivre, leur chance inouïe de profiter de la vie comme ils le voulaient, sans se préoccuper des cours, car ils savaient que leurs papas cheris allaient leur assurer une belle entrée dans les plus grandes universités du campus. Lui, Lucas Sherman, était obligé de bosser comme un demeuré pour pouvoir être sûr d'intégrer celle qu'il désirait, même s'il était dans le lycée privé catholique mixte le plus prestigieux de New York : Notre Dame School. La belle vie des habitant de l'Upper East Side avait le don de l'agacé profondémment, non, plutôt de le faire chier. Ah ! Vulgarité quand tu nous tiens ! Il soupira en passant une main dans sa frange blonde rebelle qui lui tombait devant les yeux et avança jusqu'à son casier. Il composa le code du cadenas et ouvrit la petite porte métallique où étaient tagués toutes sortes de surnoms péjoratifs tel que "P.D" ou encore "Loser". Voyez comme les générations grandissent dans la connerie intellectuelle, à croire que le cerveau n'est plus qu'une option dans le developpement humain. Il posa sur une des étagères ses cahiers de physique et de maths quand Soudain la porte se referma devant son nez d'un coup sec.
- Très amusant.. dit-il calmement en regardant la couleur jaune du casier.
Il l'ouvrit à nouveau et rangea son livre de sciences.
- N'est-ce pas ? répondit narquoisement Josh O'Conell.
Le jeune homme contourna avec sa bande le casier et Lucas et vint s'adosser sur celui d'à côté.
- Mon petit mot t'as plu j'espère.. dit-il avec un sourire.
- Ferme la, répondit Lucas d'un ton froid.
Il ferma la porte jaune et mit son sac sur son épaule s'apprètant à partir lorsque Josh le plaqua contre la rangée de casiers.
- Quoi.. qu'est ce qu'il y a Sherman ? T'as peur d'avouer ta vraie attirance sexuelle ?
Josh avait un air provocant et prétentieux, celui que les gosses de riches portaient fièrement. Il attrapa violemment le menton de Lucas et lui serra, le regard pétillant de provocation et d'intolérance.
- Sale petite tapette..
Lucas le regardait haineusement mais garda son calme. Chose qu'il avait apprit à faire depuis qu'il était entré en quatrième. Maintenant qu'il était en terminale, c'était devenu un jeu d'enfant ! Il le repoussa de façon à pouvoir passer et s'en alla à grands pas. Il entendit derrière lui Josh et sa bande éclater de rire suivient par tous les gens présents dans le couloir. Quelle bande de cons. Il sortit de Notre Dame pour enfin retrouver la brise légère de l'extérieur. Il fouilla dans la poche de la veste noire de son uniforme scolaire et sortit un paquet de Malboro. S'il devait faire quelque chose à ce moment, c'était bien de fumer. Il prit donc une clope et l'alluma laissant la fumer s'engouffrer dans ses poumons. La cigarette était vraiment la meilleure saloperie produit par l'homme. Il sentit alors une main lui caresser la nuque. Il tourna la tête et eut le premier sourire sur son visage de la journée.
- Marine.. dit-il soulagé.
- Ouh ! Tu as l'air ravi de me voir, dit-elle amusée.
Lucas sourit et tira sur sa cigarette. Oui. Il était vraiment très content de la voir. Quelques minutes de vie sociale normale dans cette journée de merde était vraiment la bievenue. Et puis bordel ! Qu'est-ce qu'il avait l'air con dans ce satané uniforme qu'il portait depuis la primaire !
- Tu t'imagines pas à quel point.
Mélanie lui adressa un grand sourire et remit ses cheveux bruns en arrière d'un geste de main. Lucas lui, souffla la fumée du tabac et la regarda s'apprèter à dire quelque chose.
- Tu n'as pas oublié qu'on joue lundi soir?
- Non, non.
Comme son père, Lucas avait hérité de la fibre artistique et musicale. Lui ce qui le passionnait ce n'était pas la tortue verte du mydas ou il ne savait trop quoi. Ce qui le passionnait c'était ses dessins et ses peintures ainsi que le son de sa guitare électrique. Quand il avait rencontré Marine, elle fesait déjà partie d'un groupe de Rock. Lorsqu'elle l'avait entendu jouer, elle avait tout de suite fait en sorte de l'intégrer dedans et maintenant ils passaient de scène en scène dans les petits bistrots de Broadway ou de Brooklyn.
- T'en a parlé à ton père ? lui demanda d'un air prudent la jeune fille.
- Mon père travail. Ca lui est égal que je sois là ou pas.
Lucas tira fortement sur sa clope, la jeta par terre et l'écrasa doucement avec la pointe de son pied.
- Bien.. A 22h00 chez moi alors.
Elle le regarda, puis elle déposa un baiser hésitant sur la joue du jeune homme, avant de s'en aller en direction de chez elle. Lucas la regarda partir et soupira doucement. En fait, il avait totalement oublié que lundi, il jouait au bar de Broadway. Son père, son frère Thomas et lui devait se rendre chez de la famille et il avait promit qu'il viendrait. Mais sa musique était plus important que de voir sa chère tante le traiter comme un gosse de quatres ans. Tempis pour les cookies fait maison, il préférait l'adrénaline que lui procurait les quelques spectateurs présents dans la salle quand il jouait. Il sauta dans le premier bus qui passa et ne descendit que lorsqu'il arriva dans l'Upper West Side, autrement dit, quand il eut finit de faire le tour de la ville. Lucas marcha jusqu'à un vieil immeuble et entra dans le hall. Il monta les marches en pierres sombres jusqu'au deuxième étage et entra chez lui. Il fut aimablement accueillit par une odeur d'oeuf pourrit qui remontait de la plomberie de la cuisine et qui avait infesté tout l'appartement. Saleté de canalisation. Lucas resta en apné quelques instants, avant de prendre l'initiative d'ouvrir toute les fenêtres de la maison et de vaporiser un destructeur d'odeur qu'il avait acheté plus tôt dans la semaine.
- Papa ? appela Lucas en posant son sac sur le canapé, Papa t'es là ?
Il regarda le salon, puis la cuisine américaine et se demanda comment il fesait pour vivre là-dedans. Il enleva sa veste noire et la posa par dessus son sac. Il débarassa les assiettes sales empilées sur la table et les mit dans l'évier. Il ramassa un carton de pizza qui trainait par terre, ainsi que trois ou quatres bouteilles de bierre. Son père n'aimait pas faire le ménage. Non sans blagues ? En revanche il aimait bien inviter deux trois amis pour leur offrir une bierre. Ah ? On ne l'avait pas remarqué.. Il entreprit de faire la vaiselle et de balayer le sol lorsqu'il entendit le verrou de l'entrée, s'ouvrir. Il continua son ménage, et vit ensuite apparaître son père dans l'encadrement de la porte, l'oeil vitreu. Il avait l'air complètement bourré..
- Salut papa, lui lança t-il la tête baissée sur ses balayures.
- Qu'est ce que tu fous ? lui répondit son père en guise de bonjour d'une voix rauque.
Il avança dans la pièce en enlevant son blouson qu'il jeta sur la table basse près du canapé et poussa son fils doucement pour qu'il arrète de balayer.
- C'est à ton vaurien de frère d'y faire ! Toi t'es un artiste mon gars, t'as pas à t'occuper de la merde qu'il fout par terre !
Lucas le regarda sans rien dire. Walter Sherman n'avait pas juste l'air complètement bourré, il l'était dans tous les sens du therme. Mais, c'était une habitude : il était alcoolique. Lucas ne savait plus très bien comment son père en était arrivé là. Peut-être que c'était après le décès de sa femme, ou bien après celui de sa mère. Il était probable aussi qu'il le soit devenu après qu'il se soit fait viré de l'orchestre où il jouait. Ouais, c'était surement une de ces raisons. Thomas, son frère, bossait dans un fastfood de huit heure du matin jusqu'à facilement vingt deux heures au soir. Il ne voyait casimment jamais son frère et son père, seulement lorsqu'ils dormaient ou quand il donnait de l'argent pour la fin du mois. Il aurait pu devenir un pianiste accomplit, mais après une rupture, il avait tout laché prenant comme pretexte de vouloir "tout recommencé à zéro" ce qui avait pour effet d'énerver son père au plus haut point et de se faire traiter comme un moins que rien.
- Arrète ça, lui dit son père.
Lucas inspira profondémment et recommença à balayer. Il ne pouvait pas se permettre de vivre là-dedans, sinon autant aller dormir dans central park avec le reste des SDF, l'endroit serait dix fois plus hygiènique.
- Arrète, répéta Walter d'un ton plus dur.
- C'est bon papa, j'm'en occupe, va te coucher.
Soudain son père l'attrapa par le col et l'envoya contre le mur d'à côté avec beaucoup de violence. Lucas eut un cris étouffé et regarda son père surpris. Qu'est ce qu'il lui prenait ? Devenait-il malade ?! Il se redressa ensuite, tremblant, mais n'eut pas le temps de dire "ouf" que son père l'avait déjà reprit par le col. Le jeune homme le regardait d'un air effrayé, les mains sur celles de son père pour essayer de lui faire lacher prise. Walter avait un regard un peu fou. Il leva le poingt et frappa son fils violemment au visage.
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A vous la parole.